Ça s’appelle touches-y pas…même si ça mord pas!J’ crois que c’était un mercredi matin, y’ était au alentour de 6 heures 22 minutes.
Une minute de plus pis y’était rendu 6 heures 23, mais c’ que j’ vais vous raconter ça c’est vraiment passé à 6 heures 22 minutes, pourquoi je le sais c’est parce que d’habitude j’ dors à cette heure là, mais cette fois-ci j’avais les yeux grand ouvert ben enlignés devant mes deux trous d’yeux pis c’est là que j’ai vu l’heure en me disant…
Ah! Ben…y’é juste 6 heures 22 minutes, j’ pense que j’ vais dormir encore un p’ tit bout.
C’est à partir de là que tout a commencé au moment où quand j’ai vu que j’ voyais pu, j’ai ben vu que j’ dormais ce qui fais que je ne voyais plus rien. Demandez-moi pas l’heure qu’y était rendu, j’avais les yeux fermés.
Première partieJ’arrive tout à coup sur un temps rare, même si j’avais pris mon temps en lâchant les vents derrière moi. J’étais au beau milieu du genre d’endroit où on a pas une token pis ça fait rien.Y’avait là une drôle de grosse tête d’eau avec les oreilles qui flottaient, j’étais pas vraiment impressionnée, j’en avais vu d’autre, mais celle-ci avait un air de famille, elle ressemblait à matante-une-telle pour ne pas la nommer, les matantes y’ aiment pas ça voir qu’on les nommes sans raisons, mais bon…la drôle de grosse tête d’eau lui ressemblait.

J’ai fini par m’ approcher d’elle, fallait ben que je lui demande mon chemin, mais plus je m’approchais d’elle pis plus elle s’enfonçait dans l’eau. Un moment donné j’ai presque eu peur de la voir se noyer, fais que j’ai arrêté drette là avant qu’elle coule complètement dans l’ fond. On s’est regardée au moins pendant une éternité, ça m’a parut long à longue d’être déboute devant une grosse tête d’eau aux oreilles flottantes. Pis c’est là que j’en ai eu assez, j’ai pris les cornes du taureau par les bœufs pis j’ me suis dirigée ailleurs, j’étais pu capable de voir cette grosse tête d’eau, ça devenait vraiment ennuyant, pis tant qu’à rêver vaut mieux que ça soit un peu plus amusant.
Deuxième partie
J’me sentais jalouse comme un pigeon pis y fesait un froid à fendre les pierres, même si j’avais aucune idée d’ la saison du lieu, j’ me suis dis qui fallait que j’ prenne ça frette en prenant évidemment ma face de bois blanc, j’étais imperturbable, forte comme le diable…C’était un moment redoutable pour les ceux qui marcheraient sur le même sentier que le mien, j’étais partie en maudite sauvage avec les dents dans les babines, j’avais faim dans l’ ventre, tellement faim que j’étais prête à manger d’ la grosse misère. Moi qui étais née le jour de ma fête, j’ me trouvais ben mal prise dans cette histoire sans queue ni tête de poisson.
Parlant d’ poisson…y’en avait tout plein, y s’ nageaient dessus les uns par dessus les autres. Y’avait beau avoir un lac complet à leur disponibilité, les tarlais s’ serraient comme des sardines, pourtant c’était pas des sardines, c’était des p’ tits piranhas….
Deuxième partie de la deuxième partieJ’voulais toute les manger comme une défoncée, j’en bavais même sur moé. De beaux p’ tits poissons armés jusqu’aux dents qui s’ branlaient les branchies en me r’ gardant. J’ avais pas peur, mais vraiment pas, j’ les trouvaient tellement insignifiants, fais que j’ me suis mis les deux pieds dans l’ eau pour me rendre compte que j’ les avais plutôt mis dans marde…Des piranhas ça mort en crisss surtout quand y sont 26. J’ai pris l’ temps d’ les compter comme-ci j’avais juste ça à faire…pas d’allure…pendant que j’ les comptais y’en profitaient pour m’enlever la peau sur lesmollets. Au bout de 2 minutes 75 secondes, j’avais pu d’ bas de jambes donc pu de pieds pour marcher.

Mais comme dans tout bon rêve surréaliste y’a toujours une tournure inattendue qui t’apparaît comme tellement logique…Toujours est-il que mon rêve s’est poursuivie dans un autre rêve pas rapport…V’ l’ as-tu pas que j’ me suis mise à sentir des pieds, j’étais ben contente parce que j’ venais de les retrouver, mais le problème était que j’étais maintenant devenue bête comme mes pieds…pas supportable, un calvaire sur deux pattes.Pour me calmer j’ me suis mise à marcher le long d’une rivière, une maudite de belle rivière pleine de poésie, tellement invitante…que j’ me possédais pu, fallait que je saute dedans. Mais maudit rêve de con…ma rivière était infestée de crocodiles…Les 26 piranhas de tantôt c’était rien…Mais cette fois-ci j’ ai pas pris de chance, je ne les ai pas comptés…ah-ah…j’ suis pas folle à un point de me refaire pogner, oh que non…là j’ me suis servi de mon intuition féminine, vraiment pas folle la fille, j’ai comme qui dirait eu la bonne idée de génie pour que mon rêve devienne moins souffrant. J’ai hypnotisée l’un d’entre eux, l’alpha d’ la gang des croco, j’ ai su tout de suite que c’était le dominant de son troupeau. C’est ben pour dire, j’avais comme l’instinct animal d’un aigle royal. J’y ai fais mes yeux de porc frais, j’ l’ ai tellement regardée dans l’ fond du blanc d’œuf que y’ é devenu aussi soumis qu’un vers de terre qu’on accroche à un hameçon. Pauvre bête, j’avais réussi à le mettre à ma main fais que j’en ai profitée pour le dominer.

C’est comme ça que j’ai pu traverser la rivière paisiblement tout en me rafraîchissant, j’étais ben accrochée au dos du croco pis j’ me laissait flotter comme la grosse tête d’eau de tantôt, comme un poisson dans l’eau j’ me sentais eau paradis. Arrivée l’autre bord d’ la rivière j’étais fraîche pet comme pas une, c’est pas rien de nager parmi des crocodiles affamés, c’est pas rien d’être dominatrice du méga-alpha des croco, fais que heureuse pis fière de moé, j’ me suis dis que j’avais assez rêvée. Quand j’ me suis ré-enlignée les yeux devant mes deux trous d’yeux, ben y’était rendu 6 heures 23 minutes, fallait ben que j’ me lève pour aller affronter les dangers de la vie, après tout, on a juste une vie à vivre.